Des investisseurs chinois s'intéressent au Québec
SHANGHAI -- Dans le cadre de Mission Québec, il a beaucoup été question d'investissements québécois en Chine.
Des capitaux chinois pourraient cependant suivre le chemin inverse et aboutir au Québec.
Plusieurs entrepreneurs chinois se sont en effet montrés intéressés au programme immigrants-investisseurs du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada.
Le vice-président international de la Caisse centrale Desjardins, M. Jacques Landry, a constaté cet intérêt à Shenyang, au Liaoning, au milieu de la mission. Il a donné un séminaire sur l'immigration au Québec en compagnie de M. Herbert Brownstein, de la firme d'avocats montréalaise Brownstein et Brownstein.
Les deux hommes attendaient une cinquantaine de personnes, il en est venu environ 500.
"Quand je suis entré, je pensais m'être trompé de salle", a déclaré M. Landry à la Presse Canadienne. L'intérêt était tel que M. Brownstein est demeuré sur place quelques jours supplémentaires.
10 ENTENTES SIGNÉES
Au milieu de la semaine, 10 investisseurs chinois avaient déjà signé une entente avec Desjardins afin de lui confier sept millions de dollars et de bénéficier ainsi du programme d'immigrants-investisseurs.
M. Landry a indiqué qu'il n'était pas venu en Chine pour recruter des immigrants-investisseurs, mais principalement pour accompagner les clients du Mouvement Desjardins qui faisaient partie de la mission commerciale québécoise.
Il voulait également rencontrer le partenaire de Desjardins en Chine, Bank of China.
Toutefois, ses collègues de la Fiducie Desjardins lui ont demandé de profiter du voyage pour présenter le programme d'immigrants-investisseurs et exposer le rôle que Desjardins peut jouer à cet effet.
ACTIF D'AU MOINS 500 000$
En vertu du programme, des gens d'affaires possédant des actifs d'au moins 500 000$ peuvent immigrer au Québec s'ils investissent une somme de 350 000$ dans la province pour une période de cinq ans.
Le Canada a un programme similaire.
M. Landry a expliqué que les immigrants-investisseurs peuvent prêter cette somme au Mouvement Desjardins, qui l'investit pour eux dans des entreprises québécoises.
Desjardins rencontre des investisseurs potentiels dans plusieurs pays. Déjà, environ 250 immigrants-investisseurs ont signé des ententes avec Desjardins pour investir 100 millions$ dans l'économie canadienne et québécoise.
Le programme québécois d'immigration pour les gens d'affaires comporte deux autres catégories. Les immigrants-entrepreneurs, qui doivent avoir 200 000$ d'actif et trois années d'expérience, s'engagent à fonder au Québec une entreprise qui créera au moins trois emplois.
SPÉCIALITÉ PARTICULIÈRE
Les travailleurs autonomes, eux, doivent avoir une spécialité particulière, comme l'informatique.
C'est toutefois le programme pour les investisseurs que Desjardins a présenté à Shenyang.
Pour immigrer, les candidats doivent encore obtenir un certificat de sélection du gouvernement québécois et se conformer aux exigences de santé et de sécurité du gouvernement canadien.
En Chine, il leur faudra également obtenir les autorisations nécessaires pour émigrer.
Le premier ministre québécois Lucien Bouchard a déclaré lundi qu'il fallait s'attendre un jour à ce que les Chinois investissent au Québec, comme les Japonais ont fini par devenir de grands investisseurs.
"Il est tout à fait impératif que nous nous positionnions de façon à recevoir ces investissements au moment où ils seront possibles", a-t-il déclaré.
Certains investissements chinois semblent déjà être en bonne voie.
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